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jeudi 2 février 2017

Holy see on Holocaust Remembrance Day : Vigilance needed to promptly act, defend Human Dignity


‘The ‘Holocaust teaches us that utmost vigilance is always needed to be able to take prompt action in defense of human dignity and peace,’ summoning us all to renew our commitment to ensure greater and unconditional respect for the dignity of every person’

Pope Francis at Auschwitz, L'Osservatore Romano

The Vatican’s permanent representative to the Organization for Security and Cooperation in Europe, Msgr Janusz Urbanczyk, has marked “Holocaust Remembrance Day” stressing, at the OSCE Permanent Council meeting, that the lessons of the pass never be forgotten and that efforts be renewed to defend human dignity and promote peace. Please find below the Vatican Radio – provided text of Msgr Urbanczyk’s full statement for this day of remembrance:

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Mr. Chairman,
I gladly join previous speakers in welcoming to the Permanent Council Ambassador Mihnea Constantinescu, Chair of the International Holocaust Remembrance Alliance. My Delegation is grateful for his presence on the occasion of the anniversary of the liberation of the prisoners and survivors of the Auschwitz-Birkenau concentration camp, observed on 27 January as International Holocaust Remembrance Day.
First and foremost, remembrance of the Holocaust, the Shoah – the planned annihilation of the Jewish people, and the planned extermination of Roma and Sinti and other groups of people – brings to mind all the victims of those most heinous crimes against humanity, whose terrible suffering unmasks the complete disregard for the inherent dignity of every person. The suffering and ultimate sacrifice, the fear and tears, of the countless victims of blind hatred who suffered deportation, imprisonment and death in those perverted and inhuman places must never be forgotten.
Second, the “Holocaust teaches us that utmost vigilance is always needed to be able to take prompt action in defense of human dignity and peace”, summoning us all to renew our commitment to ensure greater and unconditional respect for the dignity of every person. Special recognition and honour should also be given to those who, at the risk of their own lives, strove to protect the persecuted, their fellow men and women, resisting the homicidal folly around them.
Third, “[a]s the writer Elie Wiesel, a survivor of the Nazi death camps, said, today we need a “memory transfusion”. We need to ‘remember’, to take a step back from the present to listen to the voice of our forebears. Remembering will help us not to repeat our past mistakes (cf. Evangelii Gaudium, 108), but also to re-appropriate those experiences that enabled our peoples to surmount the crises of the past”. The past must serve as a lesson for the present and for the future, so as not to repeat history’s terrible mistakes, and ensure that younger generations will not have to face this evil again. In this regard, the Holy See attaches great importance and actively operates in the field of education, especially in schools, to counter both anti-Semitism in general and Holocaust denial in particular.
And finally, in the face of the outright barbarism of the Holocaust, in the face of the attempted destruction of an entire people, in the face of a cold, relentless violence and darkness, the international community, States and individuals must strive to live out the principles of peace, justice, solidarity and reconciliation. They must do so for the simple reason, as Pope Francis explained after having prayed in utter silence in the concentration camp in July last year, that

“Cruelty did not end at Auschwitz and Birkenau”.  As such cruelty is still around today, the International Holocaust Remembrance Day should, therefore, help us to “go beyond evil and differences”, and open every possible pathway of peace and hope in our world of today. In so doing, this Remembrance Day assists the international community in creating a future in “which exclusion and confrontation give way to inclusion and encounter, where there will be no place for anti-Semitism in any of its forms or for expressions of hostility, discrimination or intolerance towards any individual or people”.
   Thank you, Mr. Chairman!

Le jour international du souvenir de l'Holocauste et l'Eglise

Le Pape François a rencontré une délégation du Congrès Juif Européen à l’occasion de la Journée Internationale du Souvenir de l’Holocauste, qui arrive chaque année le 27 janvier.

Le Père Norbert Hoffman, secrétaire de la Commission du Saint Siège pour les Relations Religieuses avec les Juifs, a dit que le Pape « a commencé le dialogue en mentionnant l’importance de ce jour pour les Juifs, mais aussi pour nous, car se rappeler des victimes de l’Holocauste est important pour que cette tragédie humaine n’arrive plus jamais ».

Le Président du Congrès, Moshe Kantor, a parlé de « l’importance de l’éthique, que sont les valeurs que les Chrétiens et les Juifs ont en commun. Il a dit que dans notre monde nous voyons plus de progrès mais aussi un déclin des valeurs éthiques et morales. Donc, nous avons besoin de renforcer ces valeurs que nous partageons. Et alors, il a parlé de l’importance de l’éducation et de la famille.
Le Pape François était complètement d’accord avec ces thèmes et il a partagé une histoire de son enfance. « Le Pape a dit que, dans sa famille, son père souvent recevait des Juifs… et donc, déjà comme enfant, notre Pape a appris d’avoir de nombreux amis Juifs. »
Aussi vendredi, le représentant permanent du Vatican à l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe a dit que l’Holocauste nous enseigne que « une extrême vigilance est toujours nécessaire pour être capable de défendre rapidement la dignité humaine et la paix ». Le représentant permanent du Vatican à l’OSCE, Mgr Janusz Urbanczyk, a souligné que « le Jour du Souvenir de l’Holocauste », à la rencontre du Conseil Permanent de l’OSCE, les leçons du passé ne doivent jamais être oubliées et que des efforts doivent être renouvelés pour défendre la dignité humaine et promouvoir la paix.

lundi 30 janvier 2017

Journée de la mémoire : que "leurs larmes ne soient jamais oubliées"

Le pape reçoit une délégation du Congrès juif européen
Auschwitz, Pape François, Pologne (L'osservatore romano)

Pour la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste, le 27 janvier 2017, le pape François a souhaité que « leurs larmes ne soient jamais oubliées ». Devant une délégation du Congrès juif européen (EJC), il a formulé le vœu qu’une telle tragédie ne se répète plus.
« Aujourd’hui, je désire faire mémoire de toutes les victimes de l’Holocauste. Que leurs souffrances, leurs larmes ne soient jamais oubliées », a ainsi écrit le pape dans un tweet publié pour l’occasion sur @Pontifex.
Dans la matinée, il a reçu cinq membres du Congrès juif européen – représentant plus de deux millions de juifs sur le continent – avec lesquels il a échangé en privé. « La rencontre s’est très bien passée, le pape a été très ouvert et c’était une conversation libre » dans « un climat très cordial », a confié à Radio Vatican le père Norbert Hofmann, secrétaire de la Commission du Saint-Siège pour les relations religieuses avec le judaïsme.
Le pape François, a-t-il indiqué, « a commencé le dialogue en mentionnant cette journée importante pour les juifs mais aussi pour nous … : faire mémoire des victimes de l’Holocauste est important pour que cette tragédie humaine ne se répète plus ».
La Shoah « est un mémorial de la cruauté humaine », a déclaré le pape, d’après un communiqué de l’EJC. Un terme qu’il avait employé après avoir visité les camps de concentration et d’extermination d’Auschwitz et Birkenau, le 29 juillet 2016 : « Tant de souffrances, tant de cruauté, mais est-ce possible que nous, hommes créés à la ressemblance de Dieu, soyons capables de faire ces choses ? ». Le pape avait dénoncé : « La cruauté ne s’est pas finie avec Auschwitz et Birkenau. Aujourd’hui aussi… il y a cette cruauté ».
Durant la rencontre au Vatican, le pape a aussi évoqué son histoire personnelle, a ajouté le p. Hofmann : « dans sa famille, son père recevait toujours des juifs ; il a donc grandi dans une atmosphère favorable aux juifs. (…) Il a dit qu’il y avait toujours des juifs qui allaient lui rendre visite et qu’ainsi, dès son jeune âge, notre pape a appris à avoir des amis juifs ».
Le président du Congrès juif européen, Moshe Kantor, quant à lui, « a parlé de l’importance de l’éthique, des valeurs chrétiennes et juives que nous avons en commun ». Dans un monde qui connaît la chute des ces valeurs morales et éthiques, il a appelé à les renforcer.
Avec une traduction de Constance Roques
https://fr.zenit.org/articles/journee-de-la-memoire-que-leurs-larmes-ne-soient-jamais-oubliees/

27 janvier : Noah Klieger à l'ONU (LPH INFO)


Depuis quelques années, l’O.N.U. a instauré la date du 27 janvier, le jour où l’armée rouge est entrée dans le camp d’Auschwitz, comme journée internationale de commémoration des victimes de la Shoah. On ne peut pas véritablement parler de « libération d’Auschwitz », puisque le 27 janvier 1945 la grande majorité des prisonniers survivants se trouvait sur les routes de Silésie, dans cette « marche de la mort » où une grande partie d’entre eux allait effectivement périr, de froid, de faim ou encore sous les balles des Allemands. Parmi ceux qui échappèrent à ce sort se trouvait un jeune homme de 17 ans, Noah Klieger.
Cette année, la cérémonie centrale qui a lieu à New-York sous la présidence du Secrétaire Général accueille comme invité principal, grâce aux efforts de l’ambassadeur Dany Danon, ce même Noah Klieger. Personnage exceptionnel, c’est tout un symbole que sa venue à l’O.N.U. représente. Né à Strasbourg il y a plus de 90 ans, Noah était au début de la guerre avec ses parents en Belgique, où il participa (à 14 ans !) à l’organisation d’un réseau faisant passer des jeunes juifs vers la Suisse. Arrêté et envoyé au camp de Malines, il est déporté à Auschwitz en janvier 1943. Il a survécu à deux ans d’enfer grâce à ce qu’il appelle « une série de miracles », dont l’un des premiers est que, malgré son jeune âge, il s’est retrouvé dans l’équipe des « boxeurs d’Auschwitz », dont il est aujourd’hui le dernier survivant. Rescapé des marches de la mort, puis du camp de Dora en Allemagne, il finit par revenir à Bruxelles où il retrouve ses deux parents, rescapés également d’Auschwitz. Son frère était parti en Angleterre avant la guerre pour devenir rabbin au collège talmudique de Gateshead.
C’est à Auschwitz que Noah est devenu sioniste, qu’il a compris que les Juifs devaient avoir un Etat pour pouvoir se défendre. Il milite donc dans le Bruxelles de l’après-guerre au sein de la jeunesse sioniste, puis décide de partir à son tour vers le pays d’Israël.
C’est ainsi qu’en juillet 1947, comme beaucoup de survivants des camps de la mort, Noah Klieger se retrouve avec 4500 autres personnes sur le bateau l’Exodus qui part du sud de la France vers les côtes de la terre promise. Ses capacités exceptionnelles font qu’il est le seul survivant de la Shoah qui est intégré à l’équipage du bateau, où il est chargé d’organiser la défense contre un éventuel abordage des Anglais. C’est effectivement ce qui se produit et, comme les autres passagers, Noah est rapatrié en France, puis vers le nord de l’Allemagne. Il revient en 1948 en Israël, et participe aux combats de la guerre d’indépendance. Il développe ensuite une longue carrière de journaliste et est toujours, à 90 ans, un membre actif de la rédaction du journal Yediot Aharonot, tout en étant le correspondant israélien du journal l’Equipe. Noah s’est toujours passionné pour le sport, et il a même été le président du fameux club de Basket « Maccabi Tel-Aviv ».

Le 27 janvier 2017, c’est donc ce symbole vivant de la lutte du peuple juif pour sa survie et du combat pour l’Etat d’Israël qui rendra hommage devant la communauté des Nations aux six millions de Juifs qui ont péri dans la Shoah. Noah Klieger a écrit un très beau témoignage sur sa vie, les événements qu’il a traversés et les miracles qui l’ont accompagné. En hébreu le livre s’appelle « élé toldot Noah », comme les premiers mots de la parasha qui nous raconte comment Noé traversa la destruction du monde par le Déluge, puis participa à sa reconstruction. C’est un peu le sort de notre « Noah moderne », qui a traversé la destruction promise au peuple Juif et a ensuite participé à sa reconstruction dans l’Etat d’Israël. La traduction en Français de ses mémoires a été assurée par les éditions Elkana sous le titre « Plus d’un tour dans ma vie ». Le lire, c’est non seulement découvrir une existence passionnante, mais c’est aussi donner du sens à la propre vie de chaque lecteur.

Alain Michel.