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jeudi 13 mars 2025

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Paul Claudel et Notre-Dame de Paris

Paul Claudel (1868 – 1955)

Comme son aîné Charles de Foucauld, la personnalité du jeune Paul Claudel est d’abord marquée par ses études pendant les Années 1880, époque dominée par le naturalisme, le scientisme et la pensée de Renan.

La même année que la confession de Charles de Foucauld à Saint-Augustin, Paul Claudel vit à 18 ans une conversion spectaculaire le jour de Noël à Notre-Dame de Paris. 

Voici comment il relate cet évènement fondamental :

« Tel était le malheureux enfant qui, le 25 décembre 1886, se rendit à Notre-Dame de Paris pour y suivre les offices de Noël. Je commençais alors à écrire et il me semblait que dans les cérémonies catholiques, considérées avec un dilettantisme supérieur, je trouverais un excitant approprié et la matière de quelques exercices décadents. C'est dans ces dispositions que, coudoyé et bousculé par la foule, j'assistai, avec un plaisir médiocre, à la grand'messe. Puis, n'ayant rien de mieux à faire, je revins aux vêpres. Les enfants de la maîtrise en robes blanches et les élèves du petit séminaire de Saint-Nicolas-du-Chardonnet qui les assistaient, étaient en train de chanter ce que je sus plus tard être le Magnificat. J'étais moi-même debout dans la foule, près du second pilier à l'entrée du chœur à droite du côté de la sacristie. Et c'est alors que se produisit l'événement qui domine toute ma vie. En un instant mon cœur fut touché et je crus. Je crus, d'une telle force d'adhésion, d'un tel soulèvement de tout mon être, d'une conviction si puissante, d'une telle certitude ne laissant place à aucune espèce de doute, que, depuis, tous les livres, tous les raisonnements, tous les hasards d'une vie agitée, n'ont pu ébranler ma foi, ni, à vrai dire, la toucher. J'avais eu tout à coup le sentiment déchirant de l'innocence, de l'éternelle enfance de Dieu, une révélation ineffable... »

« Que les gens qui croient sont heureux ! Si c’était vrai, pourtant ! C’est vrai ! Dieu existe, Il est là. C’est quelqu’un, c’est un être aussi personnel que moi ! Il m’aime, Il m’appelle. »

Rentrant de Notre-Dame, il prend une bible appartenant à sa sœur Camille, la future sculptrice, l’ouvre au hasard et lit le récit des pèlerins d’Emmaüs dans l’évangile de Saint-Luc.

Il est intéressant de noter qu’au cours du même Noël 1886, Charles de Foucauld poursuit dans la cathédrale Notre-Dame de Paris le chemin de conversion qu’il a initié deux mois plus tôt à l’église Saint-Augustin tandis qu’en sortant de la Messe de Minuit à la cathédrale de Lisieux la petite Thérèse Martin, âgée de 13 ans, renonce à son égocentrisme d’enfant. Ce fut une Nativité riche en grâces…

En 1900, à 32 ans, Paul Claudel veut abandonner la carrière diplomatique et devenir moine bénédictin à l’abbaye Saint-Martin de Ligugé. Le supérieur refuse. Néanmoins, en 1905, il devient oblat de cette même abbaye.

Entre 1895 et 1905, le jeune Paul Claudel est diplomate en Chine, pays qui l’influence beaucoup où il compose ses premiers poèmes. 

En 1909, il est un co-fondateur de la NRF.

De 1921 à 1927, il est ambassadeur au Japon dont il admire la culture. Les Japonais lui rendront cette admiration. Il est ensuite ambassadeur de France à Washington jusqu’en 1933. Claudel est impressionné par le dynamisme des USA tout en critiquant l’extrême matérialisme de la société américaine.

Pendant la Guerre Civile d’Espagne, il soutient Franco dénonçant l’anticléricalisme des Républicains mais contrairement à Bernanos ou Maritain, il ne prend pas ses distances après les exactions également commises par les Franquistes.

Pendant la Seconde Guerre Mondiale et l’Occupation, Claudel est nettement du côté de Vichy et de Pétain. Néanmoins, il s’élève très ouvertement contre l’antisémitisme et la persécution des Juifs. En décembre 1944, il publie dans Le Figaro un poème dédié au Général de Gaulle qu’il récite lors d’une matinée au Théâtre Français consacrée aux poètes de la Résistance.

En 1947, il est élu à l’Académie Française.

Son œuvre poétique et dramatique (L’Annonce faite à Marie) est profondément marquée par sa foi chrétienne. Pratiquant l’exégète qu’il contribue à renouveler, il écrit plus de 4.000 pages de commentaires dans une forme poétique très personnelle.

« De même que Dieu a dit des choses qu’elles soient, le poète redit qu’elles sont ! »

                                                                                               Paul Claudel