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jeudi 16 juin 2016

L'antisémitisme n'a pas sa place dans l'église Catholique


« L’antisémitisme n’a pas sa place dans l’Église catholique », réaffirme Mgr Janusz Urbanczyk, représentant permanent du Saint-Siège à la 1086e réunion du Conseil permanent de l’OSCE, le 21 janvier 2016, à l’occasion de la Journée de la mémoire de la Shoah.

Mgr Urbanczyk a rappelé « la position de l’Église catholique sur l’antisémitisme, réaffirmée à différentes occasions par les papes ».
Voici une traduction complète de l’intervention du représentant du Saint-Siège à l’OSCE.

A.B.

Intervention du Saint-Siège

     Monsieur le Président,

Je me joins aux orateurs précédents pour souhaiter la bienvenue au Conseil permanent au secrétaire d’État pour les Affaires européennes du Bureau du Premier ministre de Hongrie, Monsieur Szabolcs Takacs, président de l’Alliance internationale du souvenir de l’Holocauste, et Monsieur l’Ambassadeur Felix Klein, représentant spécial de la République fédérale d’Allemagne pour les Relations avec les organisations juives, les questions liées à l’antisémitisme, au souvenir de l’Holocauste et aux aspects internationaux des questions concernant les Sinté et les Roms. Ma délégation se félicite de leur présence et de leur exposé détaillé, qui coïncide avec l’anniversaire de la libération des prisonniers et des survivants du camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau, maintenant célébré comme la Journée internationale du souvenir de l’Holocauste.
La commémoration de cet anniversaire nous rappelle toutes les victimes de ces crimes atroces contre l’humanité, et en particulier l’annihilation planifiée des juifs, et nous rendons hommage à ceux qui, au risque de leur vie, ont protégé des personnes persécutées, résistant à la folie meurtrière autour d’eux.
Chaque année, le 27 janvier, lorsque nous prenons un temps de méditation silencieuse, la célébration de la Journée du souvenir de l’Holocauste nous invite à réfléchir profondément sur la signification de la Shoah. Avec une émotion intense, nous pensons aux innombrables victimes de la haine raciale et religieuse aveugle, qui ont subi la déportation, l’emprisonnement et la mort dans ces lieux pervertis et inhumains. La mémoire de ces actes, en particulier de la Shoah, dirigée contre le peuple juif, ainsi que l’extermination planifiée des Roms et Sinté et d’autres groupes de personnes que ce programme malfaisant a traités avec une malveillance pure et simple, appelle à un respect universel et toujours plus profond de la dignité de toute personne. En évoquant l’Holocauste, nous nous souvenons aussi que, si tous les hommes et toutes les femmes ne se reconnaissent pas comme appartenant à une unique grande famille et si nous ne coexistons pas avec nos voisins et avec les inconnus, l’inhumanité nous attend. En outre, le souvenir de l’Holocauste sert d’avertissement pour nous empêcher de céder devant des idéologies qui justifient le mépris de la dignité humaine.
La commémoration de ce jour est l’occasion de rendre aussi hommage à tous ces hommes, femmes et enfants qui, au cours de l’histoire, y compris à notre époque, souffrent entre les mains de leurs frères humains motivés par la haine ; ainsi, nous sommes tous conscients d’idéologies qui, même aujourd’hui, dans certaines parties de notre monde, cherchent à justifier un tel mépris.
Il est consternant de voir comment tant de cœurs humains sont encore remplis de haine : d’un côté, il y a l’usage abusif du nom de Dieu pour justifier une violence insensée contre des personnes innocentes ; de l’autre, le cynisme qui manifeste un mépris de Dieu et qui ridiculise la foi en Dieu. La dignité inhérente de toute personne exige qu’il ne soit permis à aucun régime ou idéologie de considérer et de traiter des êtres humains comme moins que des égaux, puisqu’ils sont dotés par le Créateur de droits et d’une dignité inaliénables. Puisse la Shoah être un appel constant à rejeter l’antisémitisme et à s’engager sincèrement, avec un respect et une attention mutuels, dans un dialogue de compréhension commune, qui est le seul chemin sûr qui puisse nous guider – tous les peuples, toutes les cultures et toutes les religions du monde – à la rencontre souhaitée de la fraternité et de la paix.
Il y a à peine deux mois que nous avons célébré le cinquantième anniversaire de la déclaration Nostra ӕtate, du concile Vatican II, qui affirme clairement que l’Église catholique « déplore les haines, les persécutions et les manifestations d’antisémitisme, qui, quels que soient leur époque et leurs auteurs, ont été dirigées contre les juifs ». C’est la position de l’Église catholique sur l’antisémitisme, réaffirmée à différentes occasions par les papes qui ont souligné que l’antisémitisme n’avait pas sa place dans l’Église catholique.
Le Saint-Siège est profondément et irrévocablement engagé à continuer de travailler dans cette direction parce que,
comme l’a dit le pape François dimanche dernier, « six millions de personnes, uniquement parce qu’elles appartenaient au peuple juif, ont été victimes de la barbarie la plus inhumaine, perpétrée au nom d’une idéologie qui voulait substituer l’homme à Dieu... leurs souffrances, leurs angoisses, leurs larmes ne doivent jamais être oubliées. Et le passé doit nous servir de leçon pour le présent et l’avenir. La Shoah nous enseigne qu’il convient d’être toujours extrêmement vigilant, pour pouvoir intervenir à temps dans la défense de la dignité humaine et de la paix ».
Je vous remercie, Monsieur le Président.
***
[1] Concile œcuménique Vatican II, Déclaration
Nostra ӕtate, 4.
[1] Pape François, discours à la grande synagogue de Rome, 17 janvier 2016.
© Traduction de Zenit, Constance Roques

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